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15 novembre
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Germain d’Alaska

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Germain (ou Herman) d’Alaska (1)

 

 

En 1741, une expédition russe menée par J.J. Béring et A.J. Chirikov, découvrait les îles Aléoutes et ouvrait l’immense territoire de l’Alaska à la colonisation. Marchands, chasseurs de fourrures et aventuriers de toutes sortes, avides d’exploiter les richesses de ce territoire, accoururent bientôt, en entraînant dans leur sillage de hardis missionnaires qui, bravant les dangers, la rigueur du climat et l’hostilité des colons, vinrent répandre la semence de l’Evangile parmi la population indigène. Ils fondèrent l’Eglise Orthodoxe dans le Nouveau Monde, en l ‘établissant sur le roc de la foi et en l’ornant des larmes de l’ascèse et du sang du martyre.

Notre saint Père Germain naquit vers 1756 près de Moscou, dans une famille de pieux marchands. A l’âge de 16 ans, il devint moine à la laure de la Trinité-Saint-Serge, où il fut initié aux observances de la vie cénobitique. Atteint d’un cancer à la joue, il en fut miraculeusement guéri par l’intervention de la Mère de Dieu.

Après avoir été tonsuré moine sous le nom de Germain, vers 1783, il fut reçu dans l’illustre monastère de Valaam(2), sur le lac Ladoga, aux confins du cercle polaire. Se soumettant avec zèle au saint higoumène Nazaire, lequel fut aussi le père spirituel de saint Séraphim de Sarov(3), Germain obtint bientôt de se retirer en solitaire dans la forêt et de ne venir au monastère que pour les fêtes.

En 1793, à la suite d’une requête des fondateurs de la Compagnie de commerce Russo-américaine, l’impératrice Catherine II chargea le métropolite de Moscou, Gabriel, de désigner des missionnaires pour l’Alaska. Celui-ci s’adressa à Nazaire, qui choisit huit de ses meilleurs moines, dont saint Germain et deux novices. Partie de Saint-Petersbourg, l’expédition parvint en vue de l’île Kodiak en septembre 1794, après un immense voyage de près d’une année à travers la Sibérie. Les missionnaires se mirent aussitôt à l’œuvre et trouvèrent les Aléouts si bien disposés, qu’en moins d’un an ils avaient déjà célébré environ 7 000 baptêmes et 1 500 mariages.

Allant à pied à travers d’immenses étendues gelées, ou passant d’îlot en îlot sur de frêles esquifs, ils prêchaient sans relâche la Bonne Nouvelle, exhortaient les indigènes à brûler leurs idoles, et à abandonner la polygamie et les coutumes païennes pour embrasser les mœurs évangéliques et recevoir l’illumination du saint Baptême. Ils recevaient en général bon accueil; mais certains, excités par leurs shamans (sorciers), s’opposaient à la prédication et se montraient agressifs envers les missionnaires. C’est ainsi que le hiéromoine Juvenal périt martyr sur les rives du lac Iliamina, en été 1796. On rapporte que, comme ses meurtriers s’apprêtaient à retourner chez eux, ils virent soudain le père Juvénal se relever et les suivre. Les flèches qu’ils décochèrent sur son corps meurtri restaient sans effet; aussi, pris de terreur et de rage, ils coupèrent son cadavre en morceaux et prirent la fuite. En se retournant de loin, ils purent voir une colonne de fumée s’élever de la sainte relique vers le ciel.

La mission connaissait néanmoins un grand succès et les dirigeants de la Compagnie Russo-américaine demandèrent bientôt la création d’un évêché en Alaska pour la formation d’un clergé indigène. L’archimandrite Joasaph, chef de la mission, fut consacré évêque à Irkoutsk en 1796; mais il périt en mer au retour avec ses compagnons, laissant saint Germain à la tête du reste de la mission, alors en proie à de graves difficultés.

En effet, depuis le début, les missionnaires ne s’étaient pas tant heurtés aux difficiles conditions géographiques et climatiques et à l’hostilité des sorciers païens, qu’à l’immoralité et à l’injustice des colons russes à l’égard des Aléouts. La situation ne manquait pas d’être aggravée par le gouvernement cruel et tyrannique du chef de la Compagnie Russo-américaine, Baranov, lequel mettait tout en œuvre pour contrarier l’action des missionnaires; car ceux-ci prenaient la défense des indigènes et l’empêchait de les exploiter à sa guise.

Découragés par la conduite inhumaine de leurs compatriotes, les trois compagnons de saint Germain abandonnèrent la mission et le laissèrent seul. Pour échapper à Baranov, il s’installa alors sur un îlot désert, proche de Kodiak, l’île-au-Sapin, qu’il nomma le « Nouveau Valaam », et devint, à l’exemple des Pères de jadis, « missionnaire » au plus haut sens du terme: c’est-à-dire en faisant resplendir par sa conduite une image du Royaume des Cieux.

Retiré en lui-même et en Dieu dans une petite cellule en planches dépourvue de tout confort, exposé à la rigueur des éléments, portant été comme hiver les mêmes vêtements rapiécés, il soumettait sans complaisance sa chair à la loi de l’Esprit par les jeûnes prolongés, par une maigre nourriture faite de mûres sauvages, de champignons et de quelques légumes, et en portant constamment sur lui des chaînes de fer de plus de 8 kilos. Il travaillait dur, dormait peu et élevait vers Dieu, de jour comme de nuit, une prière ininterrompue, grâce à laquelle il repoussait pensées mauvaises et tentations diaboliques.

Il avait pris avec lui un exemplaire de la récente traduction slave de la Philocalie(4), et pouvait cultiver la prière du cœur dans la solitude de la forêt américaine comme les ascètes perdus dans les immensités sibériennes. Quand on lui demandait si la solitude ne lui pesait pas, il répondait: « Je ne suis pas seul, Dieu est ici comme partout, et les Anges aussi. Rien n’est préférable à une telle compagnie ». « Moi, pauvre pécheur, je m’efforce d’aimer Dieu depuis quarante ans, — disait-il vers la fin de ses jours — et je ne peux assurer que le L’aime comme il convient. Aimer Dieu, c’est penser à Lui toujours, Le servir jour et nuit et faire en tout Sa volonté ».

En retour, Dieu lui accordait Sa grâce en abondance et un amour immense pour tous les hommes, en particulier pour les infortunés Aléouts dont il était le père compatissant. Il aimait en particulier les enfants et fonda avec ses maigres ressources un orphelinat à Nouveau-Valaam, où il leur inculquait l’amour de Dieu et de l’Eglise. Le dimanche, il les réunissait dans la chapelle qu’il avait construite de ses mains, avec les quelques familles qui étaient venues s’installer à proximité de l’ermitage, pour leur faire chanter l’office divin et leur prêcher la parole de Dieu. Pendant l’été, il enseignait les rudiments de l’agriculture à des jeunes garçons venus de tous les endroits de l’archipel.

Il s’offrait sans compter par amour pour son prochain, à l’image du Christ, sans cesser pour autant d’être constamment avec Dieu par la prière. Lors d’une épidémie à Kodiak, il ne quitta pas le village, allant de maison en maison au mépris du danger pour soigner les malades, consoler les affligés et prier pour les morts. Il répandait aussi ses bienfaits sur les colons russes qui voulaient bien l’entendre, et réussit à gagner à la vie monastique le successeur de Baranov à la tête de la Compagnie Russo-américaine, Janovsky, et il convertit à l’Orthodoxie un navigateur allemand protestant. En vieillissant, il perdit peu à peu la vue, mais Dieu lui accorda en échange la vision des Anges. Il acquit en outre le pouvoir sur les éléments naturels, le don de guérison, et prédit à plusieurs reprises des événements à venir.

Saint Germain s’endormit en paix, en rendant grâce à Dieu pour tout, le 15 novembre 1836, à l’âge de 81 ans. Au moment où son âme s’élevait vers le ciel, son disciple put voir son visage rayonner de lumière, et les habitants d’une île voisine aperçurent une colonne lumineuse se dresser au-dessus du Nouveau-Valaam. Saint Germain reste jusqu’à aujourd’hui bien vivant pour les chrétiens de l’Alaska et pour l’Eglise Orthodoxe en Amérique, dont il est considéré comme le saint patron, par ses miracles et par l’efficacité de sa prière. Son culte a été officiellement reconnu le 9 août 1970.

Condamnés à rester isolés pendant les longs mois de l’hiver boréal et soumis aux caprices de la mer, les colons russes en Alaska cherchaient à trouver une solution au problème du ravitaillement, en s’efforçant d’établir une liaison maritime avec la Californie, alors territoire espagnol. En 1812, la Compagnie Russo-américaine fonda à Fort Ross une colonie destinée à l’agriculture, dans laquelle travaillaient des employés russes et des Aléouts venus d’Alaska. Comme les Espagnols soupçonnaient les nouveaux arrivants de vouloir s’emparer de San-Francisco, ils cherchèrent à les décourager en créant divers incidents. En 1815, ils arrêtèrent une vingtaine d’Aléouts chrétiens orthodoxes, en transférèrent quelques-uns à San-Francisco, et les contraignirent au travail, en les soumettant à de mauvais traitements. Finalement, quatorze d’entre eux furent mis en prison, et des missionnaires(5) s’efforcèrent de leur faire adopter la foi catholique romaine par la torture. Mais les Aléouts tenaient fermes et montraient la croix pendue à leur cou, en disant: « Nous sommes chrétiens, nous avons été baptisés ». La nuit venue, ils prirent deux d’entre eux, et torturèrent l’un, nommé Pierre, en forçant l’autre à regarder. On lui brisa d’abord un à un les orteils; mais le valeureux athlète du Christ, vraiment digne du nom du premier apôtre, continuait de répondre: « Je suis chrétien, je ne changerai pas ma foi ! ».

Les tortionnaires lui coupèrent alors les doigts, puis lui tranchèrent à la hache les mains et les pieds. Le sang coulait à flots; et, persévérant jusqu’à la fin, Pierre rendit l’âme en répétant qu’il ne changerait pas sa foi. Le lendemain, les missionnaires latins se préparaient à soumettre ses compagnons au même sort, mais l’ordre arriva de les transférer à Monterey.

En entendant ce récit, conté par un témoin oculaire à son disciple Janovsky, saint Germain se signa pieusement devant les icônes et dit: « Saint Nouveau-martyr Pierre, prie Dieu pour nous ! ». Saint Pierre l’Aléout est le premier saint d’origine américaine.

 

1. On célèbre aujourd’hui le Synaxe de Germain, Juvenal et Pierre (dans d’autres juridictions le 12). Saint Germain est également commémoré le jour de sa dormition (15 novembre), mais c’est surtout le jour de sa canonisation (27 juillet/9 août) qui est célébré en Alaska et en Amérique. Parmi les saints fondateurs de l’Eglise Orthodoxe en Alaska, on compte aussi le saint métropolite Innocent (Veniaminov) qui consacra la plus grande partie de sa vie à l’évangélisation de l’Alaska et de la Sibérie (voir au 31 mars).
2. Fondé par les saints Serge et Germain (voir leur notice au 28 juin).
3. Commémoré le 2 janvier. Avant de se rendre à Valaam, saint Germain passa quelque temps à Sarov. C’est là qu’il fit la connaissance de Nazaire.
4. Le recueil fondamental des textes patristiques sur la prière et la sobriété de l’esprit, publié en slave par les soins du bienheureux Païssy Velitchkovsky, en 1793 (voir au 15 novembre).
5. Il s’agissait probablement d’employés de la mission catholique, et non des missionnaires eux-mêmes.

 

 

 

Troparion t.7

 

Lumineuse étoile qui a brillé dans le Nord * au firmament de l’Eglise du Christ * et guidé tous les croyants * vers le royaume des cieux, * apôtre et docteur de la vraie foi, * avocat et défenseur des opprimés * et pour la sainte Eglise précieux joyau, * vénérable père Germain de l’Alaska, * intercède auprès du Seigneur * pour le salut de nos âmes.

 

 

Kondakion t.3

 

L’éternelle lumière du Christ notre Sauveur * t’a guidé sur le chemin de l’Evangile en Alaska * pour annoncer la bonne nouvelle de la paix. * En ce jour, devant le trône de gloire, vénérable Père Germain, * intercède pour les gens de ton pays, * pour la paix du monde et pour le salut de nos âmes.

 

 

 

 
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